Clément Pernia raconte « Back to Back », le livre officiel consacré au deuxième sacre du PSG en Ligue des champions

Publié aux éditions Amphora, « Back to Back » prolonge le récit entamé par Clément Pernia et Julien Rieffel dans « Héroïques ! À jamais dans nos cœurs ». Un an après avoir retracé le premier sacre du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, les deux auteurs se penchent sur une nouvelle saison historique, couronnée par un deuxième titre consécutif en C1. Pour Tellement Foot, Clément Pernia revient sur la genèse de l’ouvrage, ses choix narratifs, les figures majeures de cette épopée et la place de cette équipe dans l’histoire du club.

La genèse de « Back to Back »

Après « Héroïques ! À jamais dans nos cœurs », vous signez, avec Julien Rieffel, « Back to Back », le livre officiel du Paris Saint-Germain consacré au deuxième sacre du club en Ligue des champions. Comment aborde-t-on l’écriture d’un tel ouvrage lorsque le précédent racontait déjà un titre historique ?

Notre approche a finalement été très différente. Pour « Héroïques ! », il y avait une forme d’adrénaline, parce que nous ne savions pas vraiment ce que cette aventure allait donner. C’était un saut dans l’inconnu, avec beaucoup d’incertitudes. Pour ce deuxième livre, c’était presque l’inverse. Nous étions rodés, nous connaissions déjà le parcours récent du PSG et nous avions acquis une première expérience qui nous a permis d’appréhender cette équipe avec davantage de recul.

Évidemment, certaines choses ont changé entre les deux ouvrages. L’effectif a été peu renouvelé l’été dernier, mais de nouveaux joueurs se sont intégrés et d’autres ont pris une nouvelle dimension, à l’image de Matveï Safonov ou de Khvicha Kvaratskhelia, qui a encore franchi un cap. Cette épopée était également différente, notamment en raison de la bataille pour le titre en Ligue 1 face au RC Lens, qui a rythmé la saison. Tous ces éléments ont permis de construire un récit assez distinct.

À quel moment de la saison 2025-2026 le travail de rédaction a-t-il réellement commencé ? Fallait-il attendre que l’histoire s’écrive jusqu’au bout ou certains grands axes du récit se sont-ils imposés plus tôt ?

Le travail d’écriture a débuté après la qualification contre le Bayern Munich, mais nous avions commencé à discuter du livre après les quarts de finale face à Liverpool en Ligue des champions. Avant même les demi-finales, nous avions réfléchi au plan et à l’organisation de l’ouvrage. Nous savions que nous retracerions l’épopée, que nous présenterions les joueurs d’une certaine manière et que nous accorderions une place particulière à Luis Enrique, qui a encore porté cette équipe jusqu’au bout.

C’était également important de revenir sur la bataille avec le RC Lens. Nous voulions aussi évoquer les autres compétitions qui ont marqué cet exercice, comme la Supercoupe d’Europe ou la Coupe intercontinentale de la FIFA. Cette trame nous a ensuite permis de commencer l’écriture.

Vous formez désormais un duo d’écriture récurrent avec Julien Rieffel. Comment s’est déroulée cette nouvelle collaboration ?

Avec Julien, nos échanges sont très fluides. Nous avons commencé à écrire ensemble l’année dernière pour le livre « Héroïques ! » et, depuis, nous échangeons naturellement, presque quotidiennement. Cette année, nous avons justement essayé de ne pas reproduire exactement le même schéma que pour le précédent ouvrage. Nous avons inversé nos rôles et redistribué nos tâches entre la narration de l’épopée, les portraits et les analyses des matchs. L’objectif était de faire évoluer le style du livre et d’explorer d’autres formes d’écriture. Nous avons bien réparti les chapitres et le travail s’est déroulé très naturellement.

En tant qu’ouvrage officiel réalisé en lien avec le Paris Saint-Germain, « Back to Back » implique une collaboration particulière avec l’institution. Comment cette relation avec le club s’est-elle traduite concrètement dans l’écriture de ce livre ?

Les échanges avec le club ont été assez fluides et tout s’est très bien passé. Nous avons soumis un projet de plan au club, puis nous avons eu des retours réguliers sur les chapitres. La collaboration avec le club a surtout porté sur la partie iconographique : le choix des photos, le style du livre, la couverture… Les échanges ont été les plus importants à ce niveau-là. Cette partie a été davantage gérée par le pôle graphisme de la maison d’édition. En revanche, concernant l’écriture, les choses ont été assez simples et naturelles.

L’ouvrage s’ouvre sur un édito signé Nasser Al-Khelaïfi. Pourquoi était-il important d’introduire ce récit par la parole du président du Paris Saint-Germain ?

Nasser Al-Khelaïfi est la personne qui incarne le mieux le club. Depuis le rachat par Qatar Sports Investments en 2011, il est l’une des figures majeures du club. Deux hommes symbolisent particulièrement l’ère QSI : Nasser Al-Khelaïfi et Marquinhos, le capitaine. Il était donc naturel que le président, l’homme à la tête de l’institution, signe l’édito de ce livre et nous livre son sentiment. C’était important qu’il puisse s’exprimer directement dans l’ouvrage.

Un ouvrage pour raconter une saison historique

L’ouvrage « Back to Back » assume de raconter autant une aventure humaine qu’une performance sportive. Quelles ont été vos sources d’inspiration pour donner à cette saison une dimension épique ? Avez-vous puisé dans d’autres récits sportifs, dans le cinéma, dans la littérature ou dans l’histoire de grandes équipes ?

Ce PSG constitue déjà une véritable source d’inspiration. Cette équipe est exceptionnelle et marque un tournant dans l’histoire moderne du football avec deux sacres consécutifs en Ligue des champions. C’est historique, mais aussi remarquable, car cet exploit a été accompli sans véritable superstar au départ.

Pendant des années, les grandes équipes européennes se sont construites autour de stars comme Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, Erling Haaland ou Vinícius Júnior. Au PSG, certains joueurs sont devenus des stars, à l’image d’Ousmane Dembélé, mais ils n’avaient pas ce statut au départ. Finalement, la plus grande star de cette équipe, c’est peut-être Luis Enrique. C’est également un effectif attachant, composé de joueurs heureux d’évoluer ensemble et entretenant une véritable proximité. Les supporters ressentent cette unité, portée par la force du collectif.

Si je devais toutefois citer une source d’inspiration, je penserais à Rafael Nadal. Je retrouve dans ce PSG la même humilité, la même résilience, cette capacité à souffrir et cette force mentale.

Quel équilibre avez-vous cherché à trouver entre l’émotion du supporter, forcément présente dans un tel récit, et le regard journalistique nécessaire pour raconter cette saison avec justesse ?

Je pense qu’il est important de faire coexister les deux lors de l’écriture d’un livre. Il ne faut pas s’en tenir à un regard strictement journalistique, car l’émotion compte, notamment dans la narration des moments les plus marquants. C’est aussi ce que recherche le lecteur : retrouver des sensations et se reconnaître dans les mots.

Le regard journalistique reste essentiel dans certains chapitres qui nécessitent davantage de recul, d’expertise et d’analyse. Je pense notamment aux parties du livre consacrées à la bataille avec le RC Lens ou à la méthode Luis Enrique. Les deux approches sont donc complémentaires.

Le sommaire suit naturellement le fil chronologique de la saison, de « L’année d’après » à « Légendaires », en passant par « Une équipe qui refuse l’échec ». Dans cette progression, quelle période de l’exercice 2025-2026 vous paraît la plus révélatrice de l’identité de cette équipe et de la construction de ce deuxième sacre en Ligue des champions ?

C’était une saison particulièrement riche, mais je vais citer la double confrontation contre Chelsea. À ce moment-là, le PSG traversait une période plus délicate, marquée par la fatigue, les blessures et les absences répétées d’Ousmane Dembélé. Face à l’AS Monaco, le club parisien avait notamment dû batailler pour obtenir sa qualification pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions.

Le match retour contre les Blues, à Stamford Bridge, a été particulièrement symbolique. J’ai le sentiment qu’il s’agit du véritable tournant de la saison. Le PSG s’est imposé avec autorité, retrouvant le visage des grandes soirées européennes et son niveau de compétitivité dans les grands rendez-vous.

Avant cette double confrontation, de nombreux observateurs faisaient de Chelsea le favori. L’équipe de Luis Enrique semblait fatiguée, presque à bout de souffle. C’est précisément à ce moment-là que le PSG a su relever la tête et démontrer, une nouvelle fois, qu’il était la meilleure équipe d’Europe.

Dans le chapitre « Plus que jamais héroïques », vous racontez le match aller de la demi-finale de Ligue des champions entre le PSG et le Bayern Munich, remporté 5-4 par les Parisiens au Parc des Princes. Cette rencontre représente-t-elle le sommet émotionnel de la saison ?

Incontestablement. C’était exceptionnel. D’abord malmené, le Paris Saint-Germain a ensuite été capable de prendre le dessus avant de souffrir dans les dernières minutes. Luis Enrique et ses joueurs sont sortis épuisés de cette rencontre. C’était grandiose, surtout face à cette équipe munichoise impressionnante. Le lendemain, de nombreux médias sportifs européens évoquaient déjà l’un des plus grands matchs de l’histoire de la Ligue des champions. Pour moi, c’est le moment le plus marquant de la saison.

Le premier sacre du PSG en Ligue des champions avait déjà une dimension émotionnelle très forte. Quelles similitudes et quelles différences voyez-vous entre cette première conquête et ce deuxième titre, qui possède lui aussi une portée historique particulière ?

Le deuxième sacre est tout aussi historique que le premier, mais il a suscité des émotions totalement différentes. À l’échelle de l’histoire du club, réussir ce back-to-back est immense. Le premier sacre avait surtout le goût de la libération, mettant fin à cette forme de malédiction qui entourait le PSG. La finale contre l’Inter, lors de la saison 2024-2025, remportée avec autorité, avait été un moment d’euphorie absolue.

Le deuxième sacre a été vécu autrement. Le poids n’était plus le même. En revanche, l’épopée a été plus difficile, avec des adversaires comme Chelsea, Liverpool, le Bayern Munich ou Arsenal, et des scénarios incroyables. Cette finale contre Arsenal a été complètement différente de la précédente face à l’Inter. Nous avons souffert jusqu’au bout, en passant par toutes les émotions jusqu’à cette séance de tirs au but, avant de ressentir un immense soulagement. Le premier sacre, c’était l’euphorie, la joie et la fête. Le deuxième, c’était le soulagement, la fatigue et une autre forme de libération.

Luis Enrique, le collectif et l’héritage

Luis Enrique occupe une place centrale dans ce récit. Comment décririez-vous son empreinte sur cette équipe, au-delà de ses choix tactiques ?

L’empreinte de Luis Enrique est totale. Il a choisi la majorité de ses joueurs, imposé une philosophie ainsi qu’une culture de la victoire et un climat de confiance. Il a installé une vision durable et il est devenu l’un des hommes préférés des supporters.

Le livre insiste sur le collectif, le don de soi, l’humilité et la solidarité. Est-ce, selon vous, la véritable rupture entre ce PSG et certaines équipes parisiennes du passé ?

Cette équipe marque une rupture avec le passé du PSG. Elle possède une identité forte, fondée sur l’intensité, le collectif, l’humilité et les efforts défensifs consentis. Aucun joueur ne se place au-dessus du groupe. Tout semble fonctionner à l’unisson.

À vos yeux, cette équipe du back to back est-elle la plus attachante de l’ère QSI ?

C’est incontestablement l’équipe la plus exceptionnelle et la plus attachante de l’ère QSI, grâce à ses résultats, mais surtout à la manière dont elle a remporté ses titres. Ce PSG réunit de jeunes joueurs humbles, dirigés par un entraîneur impressionnant. Par son identité, son état d’esprit et les scénarios vécus tout au long de la saison, cette équipe nous a procuré des émotions particulièrement fortes.

L’ouvrage « Back to Back » est notamment disponible sur la boutique en ligne du Paris Saint-Germain, au prix de 17,50 €.

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